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Royaume-Uni: l'inflation baisse à 3,4% grâce à la stabilisation des prix alimentaires
L'inflation a baissé au Royaume-Uni, à 3,4% sur un an en février, grâce au ralentissement des hausses de prix de l'alimentation, mais elle reste la plus élevée du G7 et encore nettement au-dessus de l'objectif de la Banque d'Angleterre.
L'inflation britannique a nettement reculé depuis son pic à plus de 11% fin 2022. Après avoir stagné à 4% en janvier, elle se trouve désormais à un "plus bas depuis septembre 2021", a relevé l'Office national des statistiques (ONS) dans son rapport mensuel publié mercredi.
Le ralentissement des hausses de prix est aussi légèrement plus marqué que les attentes des économistes, qui tablaient sur une inflation à 3,5% en février.
Les prix alimentaires, en forte hausse l'an dernier, se sont stabilisés et "ont été le moteur principal de la baisse" de l'inflation le mois dernier, a expliqué sur le réseau X Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS, ajoutant que "les hausses de prix dans les cafés et les restaurants ont aussi ralenti".
"Malheureusement, cela ne signifie pas que la vie devient moins chère, elle devient simplement plus chère à un rythme plus lent, et même si nous nous attendons à voir l'inflation continuer de baisser, elle ne nous a pas quittés pour autant", a commenté Sarah Coles, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Si les prix alimentaires ont tout de même augmenté de 5% sur un an en février (nettement moins vite qu'un an plus tôt), ils ont progressé de seulement 0,2% par rapport au mois de janvier, selon les données de l'ONS.
"Une poignée d’articles baissent, notamment le lait, le fromage, le beurre, le poisson et la confiture", mais de manière générale, "les aliments et les boissons augmentent", bien que plus lentement, et de nombreux Britanniques continuent d'"acheter moins de nourriture pour joindre les deux bouts", d'après Mme Coles.
- Prix à la pompe -
L'ONS note que des hausses des prix des carburants à la pompe et la poursuite de l'augmentation des coûts de location immobilière ont contribué à alimenter l'inflation en février, sans que cela ne suffise à inverser la dynamique de baisse.
Ces chiffres sont scrutés de près par la Banque d'Angleterre (BoE). La banque centrale britannique, qui doit se prononcer jeudi sur sa politique monétaire, maintient depuis des mois un taux directeur élevé, à 5,25%, pour tenter de ramener l'inflation à son objectif de 2%.
"Les données encourageantes" de mercredi "placent la banque centrale en position de réduire les taux à partir de l’été", estime Yael Selfin, économiste du cabinet de conseil KPMG UK.
Mais l'inflation du Royaume-Uni reste encore au-dessus de la cible de la BoE et elle est aussi la plus élevée des pays du G7, malgré un rebond de l'inflation le mois dernier aux Etats-Unis, à 3,2% sur un an, qui a réduit l'écart entre les deux pays.
La BoE pourrait donc jeudi "opter pour une approche attentiste", alors que des risques persistent, comme un marché du travail encore tendu ou "les perturbations en mer Rouge qui pourraient entraîner une certaine résurgence de l’inflation", a souligné Mme Selfin.
Il s'agit "probablement de la première d'une série de baisses significatives (de l'inflation) au cours des prochains mois", et avec une importante baisse des factures de l'énergie attendue en avril "l'inflation pourrait retomber sous l'objectif" de la BoE à ce moment-là et "baisser davantage cet été", affirme de son côté Martin Beck, économiste chez EY ITEM Club.
Le ministre des Finances britannique, Jeremy Hunt, a pour sa part salué le ralentissement des hausses de prix dans un communiqué. L'inflation "a non seulement chuté de manière décisive, mais elle devrait atteindre l’objectif de 2% d’ici quelques mois", ce qui ouvre notamment la voie à l'ambition du gouvernement "de stimuler la croissance", a-t-il assuré.
L'économie britannique, tombée en récession fin 2023, a repris de l'élan en janvier avec une croissance de 0,2% sur un mois, tirée par le commerce et la construction.
E.Hall--AT