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Depuis le Wisconsin, Biden bat le rappel pour les Etats décisifs de l'élection
Le Wisconsin mercredi, le Michigan jeudi: Joe Biden a mis le cap sur la région des Grands Lacs, emblématique de son offensive dans les "swing states", ces Etats charnières qu'il lui faudra absolument remporter face à Donald Trump en novembre.
Depuis Milwaukee, le président américain a qualifié le républicain de "perdant", dans la lancée d'un pugnace discours sur l'état de l'Union jeudi dernier.
Le démocrate de 81 ans a mobilisé ses partisans depuis un local de campagne en visant sans prendre de gants son adversaire, assuré depuis mardi comme lui de remporter l'investiture de son parti cet été.
"Beaucoup d'entre-vous m'ont aidé en 2020, pour s'assurer qu'il soit un perdant. Et on va refaire la même chose, n'est-ce pas?", a-t-il déclaré depuis Milwaukee, où aura lieu en juillet la convention républicaine qui devra officiellement investir Donald Trump, 77 ans.
C'est aussi là que Joe Biden a fait installer son quartier général de campagne pour cet Etat si crucial, dans une volonté de mobiliser l'importante communauté afro-américaine de la ville.
- Pistes cyclables -
Et le démocrate n'est pas arrivé les mains vides: il a annoncé des investissements de plus de 3,3 milliards de dollars pour reconstruire les infrastructures de quartiers négligés.
Le président américain, qui a mis en place d'énormes programmes de relance économique, promet de corriger les problèmes d'urbanisme causés par la construction d'une autoroute dans les années 1960 dans un quartier de Milwaukee majoritairement hispanique et afro-américain.
Ceci alors que, selon un sondage réalisé en 2023 et publié en février, l'avance des démocrates sur les républicains a diminué auprès de ces électorats.
"L'avantage dont jouissaient les démocrates auprès des électeurs américains noirs, latinos et d'origine asiatique est tombé à son plus bas niveau depuis plus de 60 ans, ce qui crée une vulnérabilité considérable pour le président Biden et les démocrates du Congrès", a souligné mercredi l'équipe de campagne de Donald Trump.
Le projet porté par l'administration du démocrate prévoit des pistes cyclables, des lignes de bus et des zones de végétation pour rendre le quartier "plus sûr, plus vert et plus accueillant", selon la Maison Blanche.
Des annonces très concrètes, donc, pour un président qui se présente comme un défenseur des classes moyennes et populaires, et comme un garant de la démocratie.
Tout l'inverse donc, selon Joe Biden, de Donald Trump, dépeint en candidat des riches, aux penchants autoritaires.
Le démocrate a ainsi répondu à la rhétorique incendiaire de Donald Trump sur un sujet brûlant de l'élection. "Nous sommes un pays d'immigration. Ils ne sont pas de la vermine", a-t-il lancé, reprenant un mot utilisé par le républicain, qui a accusé les migrants de "détruire le sang" américain.
- "Swing states" -
Jeudi, Joe Biden ira dans le Michigan, autre Etat de la région des Grands Lacs, plus précisément à Saginaw.
Cette circonscription ouvrière, historiquement démocrate, avait voté pour Donald Trump en 2016, puis, à une très mince majorité, pour Joe Biden en 2020. Meurtrie par la désindustrialisation des années 2000 puis par la grande crise financière de 2009, Saginaw est emblématique de la bataille entre les deux candidats pour le vote populaire.
Le président démocrate s'était aussi rendu récemment en Pennsylvanie (est) et en Géorgie (sud).
Le point commun de ces Etats? Ce sont des "swing states", susceptibles de basculer en novembre aussi bien dans l'escarcelle du démocrate que dans celle de son prédécesseur républicain.
Le système électoral américain est ainsi fait que ce n'est pas la majorité des suffrages à l'échelle nationale qui compte, mais le résultat dans chaque Etat.
En 2020, Joe Biden avait battu Donald Trump, parfois de très peu, dans la majorité de ces Etats charnières. Dans le Wisconsin, il l'avait par exemple devancé de seulement 20.682 voix.
Jusqu'ici, les sondages donnent l'avantage à l'ancien président républicain dans la quasi-totalité des "swing states".
L'âge de Joe Biden continue de préoccuper les électeurs, et les Américains, confrontés à un coût de la vie élevé, ne créditent pas le démocrate de certaines réussites économiques, notamment un taux de chômage revenu à moins de 4%.
Th.Gonzalez--AT