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Au Salon de l'agriculture, Macron en protecteur du monde rural
Sur l'envolée des prix, comme sur la concurrence internationale ou la sécheresse, le président Emmanuel Macron s'est voulu rassurant samedi en allant à la rencontre du monde rural lors de sa traditionnelle visite marathon au Salon de l'agriculture, à Paris.
Face à des agriculteurs et éleveurs inquiets de la flambée de leurs coûts de production depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, il a choisi de faire pression sur les grands chaînes de distribution.
"Ce que je demande aussi à nos distributeurs aujourd'hui, c'est de participer à l'effort", a-t-il dit à la presse après s'être longuement entretenu avec des éleveurs.
Le chef de l'Etat a également essayé de calmer leurs inquiétudes sur le projet d'accord entre l'UE et les pays d'Amérique latine réunis au sein du Mercosur.
Un accord a été conclu en 2019 entre l'UE et le Mercosur, après plus de 20 ans de difficiles négociations, mais il n'a pas encore été ratifié. La Commission européenne espère que le processus aboutira dans les prochains mois.
Tapoter le dos des vaches, déguster du "100% français" et riposter aux interpellations: c'est un rituel présidentiel auquel le chef de l'Etat a choisi de se plier samedi pendant une longue déambulation de plus de 12 heures.
Emmanuel Macron a commencé sa visite par une table ronde avec des professionnels de la pêche. Il a évoqué les années difficiles pour la filière, avec le Brexit ou l'envolée des prix des carburants, et assuré de sa "détermination a trouver des solutions".
Il a annoncé un geste sur l'aide sur les carburants qui sera prolongée jusqu'à octobre, selon le secrétaire d'Etat à la Mer, Hervé Berville, qui participait aux discussions.
Puis, sous l'œil de la vache Ovalie, égérie du salon, il a coupé le ruban inaugural et donné le coup d'envoi de cette manifestation qui, depuis 1964, permet aux citadins de découvrir les richesses de l'agriculture française.
La visite présidentielle avait été très rapide en 2022, au tout début de la guerre en Ukraine, et le salon avait été annulé en 2021 en raison du Covid.
Emmanuel Macron doit passer toute la journée - près de treize heures en 2020 - au contact des professionnels de l'élevage, des cultures, de la pêche et de l'industrie agro-alimentaire, mais aussi des visiteurs qui affluent dès le premier jour.
Ce Salon de l'agriculture s'ouvre à Paris alors que la France traverse une période inédite de sécheresse hivernale qui fait craindre des difficultés de ressources en eau au printemps et cet été.
- Enjeu de l'eau -
Devant le monde agricole, le chef de l'Etat a repris une formule qui avait fait mouche pour l'énergie: il faut mettre en place "un plan de sobriété sur l'eau" et se résoudre à "la fin de l'abondance", a-t-il prévenu.
"On sait qu'on sera confronté comme on était l'été dernier à des problèmes de raréfaction (d'eau): plutôt que de s'organiser sous la contrainte au dernier moment avec des conflits d'usage, on doit planifier tout ça", a expliqué Emmanuel Macron, en appelant à "mieux récolter l'eau de pluie", "avoir moins de fuites dans les réseaux d'eau" et "mieux répartir l'utilisation de l'eau potable selon les usagers", notamment en "continuant de produire et d'investir sur des rétentions collinaires".
Si quelques visiteur munis de pancartes appelant à un retour à la retraite à 60 ans ont été tenus à distance de la déambulation du chef de l'Etat, celui-ci a défendu sa réforme qui maintient le système par répartition - "un trésor" -, en faisant observer qu'il n'y avait "qu'une solution: travailler davantage".
Incontournable de la vie politique, la visite du salon par l'hôte de l'Elysée doit permettre de renouer avec une popularité en forte érosion. Mais, si Jacques Chirac, le président dont le nom est le plus associé au Salon, se vantait de savoir "tâter le cul des vaches" et voyait dans les salers des "chefs d'œuvre", Emmanuel Macron se veut moins lyrique sur le sujet. En 2018, il fustigeait même ceux qui se contentent de "tapoter les vaches".
L'exercice est par ailleurs parfois imprévisible: en 2008, Nicolas Sarkozy, pris de court, avait lancé son célèbre "Casse-toi, pauvre con !" à un visiteur qui refusait de lui serrer la main.
G.P.Martin--AT