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Colin Farrell et Michelle Yeoh récompensés lors de Golden Globes en quête de rédemption
Les Golden Globes ont fait leur grand retour à la télévision mardi, en récompensant de grands noms comme l'acteur irlandais Colin Farrell et la Malaisienne Michelle Yeoh, bien présents dans la salle aux côtés de nombreux poids lourds, malgré les scandales qui ont terni l'image de ces récompenses.
Cet événement décontracté et fastueux, longtemps perçu comme la soirée préférée d'Hollywood, n'a été que l'ombre de lui-même ces deux dernières années.
La faute d'abord à la pandémie, puis à des accusations de racisme, de sexisme et de corruption visant l'Association de la presse étrangère de Hollywood (HFPA), qui forme le jury et qui ne comptait aucun membre noir en 2021.
Boudés par le gratin et privés de télévision l'an dernier, les Golden Globes sont de retour sur NBC. La chaîne américaine a accepté de diffuser la 80e édition, après une série de réformes de la HFPA pour améliorer sa diversité et interdire à ses membres d'accepter des cadeaux de la part des studios.
Contrairement aux Oscars, les Golden Globes séparent leurs prix entre les films dramatiques et les comédies.
Austin Butler a été élu meilleur acteur dans un film dramatique pour sa brillante incarnation de la légende du rock'n'roll Elvis Presley dans le biopic "Elvis".
"Tu étais une icône et un rebelle, et je t'aime tellement", a déclaré l'acteur américain en s'adressant directement au chanteur décédé dans un discours empreint d'émotion.
Côté comédies, l'Irlandais Collin Farrell a été sacré meilleur acteur pour son rôle dans "Les Banshees d'Inisherin", une tragicomédie où il incarne un insulaire déboussolé par la fin abrupte de son amitié avec un ami de longue date, qui ne veut plus lui adresser la parole.
Michelle Yeoh a elle été élue meilleure actrice, pour son interprétation d'une propriétaire de laverie plongée dans des univers parallèles dans "Everything Everywhere All At Once". Le film a également valu un prix de meilleur second rôle à l'acteur vietnamien Ke Huy Quan, qui y incarne son mari.
Cate Blanchett a remporté celui de la meilleure actrice dans un film dramatique pour son rôle dans "Tar", où elle incarne une cheffe d'orchestre impitoyable au sommet de son art et dont la vie se désagrège.
- Grands noms présents -
Malgré les polémiques, de nombreux poids lourds d'Hollywood ont répondu présent mardi soir: Steven Spielberg, lauréat du meilleur réalisateur pour son long-métrage intime et semi-autobiographique "The Fabelmans", James Cameron nommé pour le second volet d'"Avatar", ou encore Guillermo del Toro, qui a remporté le prix du meilleur film d'animation pour son "Pinocchio", ont tous foulé le tapis rouge.
La cérémonie n'a pas échappé à quelques piques de son présentateur, l'humoriste afro-américain Jerrod Carmichael. Il a d'entrée ouvert la soirée en tournant en dérision les accusations de racisme, de sexisme et de corruption visant l'Association de la presse étrangère de Hollywood (HFPA), qui remet ces prix.
"Je vais vous dire pourquoi je suis ici. Je suis ici parce que je suis noir", a-t-il lancé, en s'autodésignant comme "le visage noir d'une organisation blanche assiégée".
"Je ne vais pas dire que c'est une organisation raciste, mais ils n'avaient pas un seul membre noir jusqu'à la mort de George Floyd. Donc faites ce que vous voulez de cette information", a-t-il ajouté.
La cérémonie, qui doit composer avec des absents de marques, comme le producteur de "Top Gun: Maverick" Tom Cruise qui a renvoyé ses trois Golden Globes en 2021, n'est d'ailleurs pas aussi fastueuse qu'à l'accoutumée. La plupart des "after-parties" habituellement n'auront pas lieu.
Face aux controverses, le producteur d'"Avatar: la voie de l'eau" a défendu le retour en grâce des Golden Globes.
"Je pense que la HFPA a réagi aux critiques la visant et qu'elle agi", a déclaré Jon Landau à l'AFP, en félicitant l'organisation pour ses réformes.
- Prestige en jeu -
Face aux polémiques, la HFPA a notamment renouvelé le jury des Golden Globes, en incluant 103 nouveaux entrants - qui ne sont pas membres à part entière de l'association -, dont de nombreuses femmes et personnes issues de minorités ethniques.
Après les récentes controverses, le prestige de ces récompenses est en jeu.
Par le passé, un succès aux Golden Globes était un outil marketing précieux, capable de lancer une campagne victorieuse vers la récompense suprême des Oscars.
Mais si les affiches de film soulignent de nouveau les nominations aux Golden Globes, contrairement à l'an dernier, leur pouvoir d'influence semble durablement amoindri.
P.Smith--AT