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Reportage "La Chute de l'ogre": Depardieu se désiste au tribunal de ses poursuites contre France Télévisions
Gérard Depardieu s'est désisté vendredi de ses poursuites contre France Télévisions à qui il reprochait un montage selon lui malhonnête d'un reportage de "Complément d'Enquête" où il multipliait les propos graveleux et dégradants pour les femmes et où il était montré sexualisant une enfant.
Cette décision du comédien français de se désister a été communiquée par sa nouvelle avocate, Delphine Meillet, au début d'une audience devant le tribunal correctionnel de Paris.
Selon les conclusions déposées à l'audience, Gérard Depardieu, 77 ans, se désiste de son action et de l'ensemble de ses demandes formulées. Ce désistement concerne également la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte-Cunci, les auteurs du reportage et la société de production Hikari.
L'avocat précédent de Gérard Depardieu, Jérémie Assous, avait pourtant eu des mots très durs devant le tribunal le 2 octobre, dénonçant le montage d'un reportage d'une "déloyauté absolue" qui avait déclenché "une polémique nationale qui a tué" professionnellement l'ex-star française du cinéma mondial.
Il avait affirmé que des commentaires graveleux entendus alors qu'une enfant était vue à l'image concernaient en fait une femme adulte que l'on ne voyait pas.
"France Télévisions se félicite de ce désistement, qui met fin à deux années de procédure, de polémiques et de fausses informations ayant gravement mis en cause la rigueur et le professionnalisme des équipes de Complément d'Enquête", a immédiatement réagi le groupe audiovisuel. "Deux expertises ont conclu que l'acteur avait bien tenu des propos à connotation sexuelle à l'égard d'une fillette et ont écarté toute manipulation frauduleuse des images", a ajouté France Télévisions.
Diffusé le 7 décembre 2023, le reportage montrait des images d'un voyage en Corée du Nord en 2018 de Gérard Depardieu, en compagnie de l'écrivain Yann Moix. La scène contestée se déroulait dans un haras: on y entendait Gérard Depardieu tenir des propos dégradants au moment où une fillette passait à cheval.
Ce "Complément d'enquête" avait suscité un vif émoi. Outre la séquence contestée et les propos de Gérard Depardieu, la comédienne Charlotte Arnould l'y accusait de l'avoir violée en 2018, et d'autres femmes racontaient des agressions sexuelles.
- Soutien présidentiel -
Quelques jours après sa diffusion, Emmanuel Macron avait défendu celui qui était encore considéré comme une star du cinéma français, se décrivant en "grand admirateur" qui "rend fière la France".
Il avait laissé entendre que les images avaient pu être truquées: "J'ai vu les images, j'ai aussi entendu qu'il y avait des polémiques sur les mots qui étaient en décalage avec les images".
"Tout le monde tombe sur la même personne, en disant pis que pendre sur la base d'un reportage, sans qu'il ait même la possibilité de se défendre", s'était offusqué le chef de l'Etat.
A l'audience d'octobre, la défense de Gérard Depardieu s'était prévalu de ce soutien: "Il est quand même mieux informé que d'autres, le président de la République...", avait dit Me Assous, qui a depuis été écarté de la défense de l'acteur.
Gérard Depardieu doit désormais être jugé en appel à Paris pour avoir agressé sexuellement deux femmes sur le tournage d'un film en 2021. En première instance, il avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis.
Par ailleurs, son renvoi devant la cour criminelle de Paris pour viols sur l'actrice française Charlotte Arnould, a été ordonné fin août. Mais Gérard Depardieu a fait appel de ce renvoi qui doit être examiné par la cour d'appel.
W.Morales--AT