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Le réseau social X dit collaborer avec le Pakistan pour lever son blocage
Le réseau social X, bloqué depuis deux mois au Pakistan officiellement pour des raisons de sécurité, a dit jeudi collaborer avec le gouvernement pakistanais afin de "comprendre ses préoccupations".
"Nous continuons de travailler avec le gouvernement pakistanais pour comprendre ses préoccupations", a indiqué sur X (ex-Twitter) l'équipe de communication du réseau, commentant pour la première fois le blocage en vigueur depuis le 17 février.
La plateforme est difficilement accessible depuis cette date, lorsque le parti de l'ancien Premier ministre, actuellement emprisonné, Imran Khan, avait appelé à des manifestations après qu'un responsable gouvernemental a admis des fraudes lors des législatives du 8 février.
Mercredi, un tribunal de la province du Sindh, a ordonné au gouvernement de rétablir l'accès à X "sous une semaine", selon Moiz Jaaferi, l'avocat qui avait saisi la justice contre ce blocage.
Le nouveau gouvernement issu des élections est d'abord resté évasif sur les raisons des perturbations, mais les défenseurs des droits numériques estiment qu'elles sont destinées à étouffer toute voix critique.
Après avoir d'abord refusé d'admettre toute implication, le ministère pakistanais de l'Intérieur avait ensuite communiqué à la justice une lettre prouvant qu'il avait ordonné le blocage, "à partir de rapports des agences de renseignement".
X est actuellement accessible de façon intermittente, avec des différences suivant le fournisseur internet. Ceci oblige les utilisateurs qui le peuvent à recourir à des VPN (des réseaux privés virtuels qui permettent de contourner les blocages).
Le Premier ministre Shehbaz Sharif, à la tête d'un fragile gouvernement de coalition, a prêté serment le 4 mars. Le blocage a été décrété par le gouvernement intérimaire formé de technocrates qui l'avait précédé avec pour mission de préparer les élections.
Comme Facebook, Instagram et TikTok, X a joué un rôle important dans la campagne du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), le parti d'Imran Khan.
Le PTI a fait l'objet d'une vaste répression avant le scrutin, qui a obligé ses candidats à se présenter en indépendants.
De nombreuses allégations de manipulation ont accompagné ces élections, après que les autorités ont coupé le réseau de téléphonie mobile le jour du scrutin et que le dépouillement a pris plus de 24 heures.
Les partisans d'Imran Khan sont sortis vainqueurs du scrutin, mais avec une avance insuffisante pour former le gouvernement. Ils ont dû s'effacer devant la coalition dirigée par Shehbaz Sharif.
H.Gonzales--AT