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Brigitte Bardot, une longue proximité avec l'extrême droite
Brigitte Bardot, décédée dimanche à 91 ans, a longtemps flirté avec l'extrême droite et voyait en Marine Le Pen, patronne du Front national (devenu RN) "la Jeanne d'Arc du XXIe siècle", tout en assurant que ses choix politiques étaient avant tout dictés par la cause animale.
"On m'a fermement collé une image de frontiste" pour avoir répondu au début des années 1990 à un questionnaire du quotidien catholique d'extrême droite Présent, affirmait-elle en 2018 dans son livre testament "Larmes de combat".
"N'ayant jamais fait de politique de ma vie, je ne savais tout simplement pas ce qu'était +l'extrême droite+", assurait l'icône du cinéma français devenue militante de la cause animale. "A partir de ce jour-là, je fus considérée comme raciste, FN, égérie de Jean-Marie Le Pen et j'en passe".
"Je n'ai jamais demandé à personne d'être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale", affirmait-elle en dépit de plusieurs condamnations, notamment pour des propos contre les musulmans.
Brigitte Bardot, qui prêta ses traits à la Marianne républicaine dans les années 1960, se revendiquait "conservatrice" en politique et "patriote". La droite est le "seul remède urgentissime à l'agonie de la France", écrivait-elle dans son "BBcédaire" paru en 2025.
En 1996, dans sa biographie "Initiales B.B.", elle rendait hommage à Jean-Marie Le Pen, "un homme charmant, intelligent, révolté comme moi par certaines choses" et ne cachait pas partager les idées du fondateur du FN (devenu Rassemblement National) contre "la poussée terrifiante de l'immigration". C'est chez lui qu'elle avait rencontré son quatrième mari, Bernard d'Ormale.
En 2012, B.B. appelait les maires de France à apporter leurs parrainages à Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, et annonçait voter pour cette "femme admirable". Avant la présidentielle de 2017, elle affirmait encore: "Marine Le Pen, je l'aime beaucoup et depuis longtemps".
Brigitte Bardot, qui se disait "contre le vivre ensemble", voyait en elle une responsable politique capable de "reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français".
- "Perspective identitaire" -
Jean-Marie Le Pen et sa fille ont régulièrement rendu hommage à l'ancienne actrice. "Les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim", affirmait Marine Le Pen en pleine polémique sur le burkini à l'été 2016, en allusion au film "Et Dieu... créa la femme".
"La référence à Bardot est faite dans une perspective identitaire" et permet au parti de gagner en légitimité, alors qu'il est dans l'ensemble boudé par les artistes, décryptait en 2018 Sylvain Crépon, enseignant-chercheur en sciences politiques, auprès de l'AFP.
Souvent reçue à l'Elysée, Brigitte Bardot a pu avoir la dent dure avec les chefs de l'Etat, pas assez engagés, selon elle, dans la protection des animaux.
Invitée par Charles de Gaulle, elle était arrivée vêtue d'une veste à brandebourgs et avait été accueillie par un "Chic! Un militaire". Valéry Giscard d'Estaing, "son ami", l'avait "draguée", racontait-elle.
François Mitterrand, "maudit soit le jour de son investiture. (...) Toute la détresse que nous subissons est la suite de son oeuvre maléfique", lâchait-elle dans son "BBcédaire".
Quant à Jacques Chirac, "c'est le roi des menteurs" qui "fait la course" avec Nicolas Sarkozy, avait-elle assuré dans une interview à France 2.
Dans une lettre ouverte, elle fustigeait encore l'"inutilité", la "lâcheté" et le "mépris des Français" d'Emmanuel Macron.
"Je juge les politiques à l'aune de ce qu'ils proposent pour la cause animale. C'est aussi simple que ça", disait-elle au Monde en 2017.
"J'ai eu un espoir insensé quand le Front national a fait des propositions concrètes pour réduire la souffrance animale. Mais j'ai aussi sollicité (le chef de file de La France insoumise) Mélenchon (...) Si demain un communiste reprend les propositions de ma fondation, j'applaudis et je vote", assurait-elle.
La cause animale a souvent figuré dans les programmes électoraux en France, parmi les pays d'Europe qui comptent le plus d'animaux de compagnie, rappelait le politologue Sylvain Crépon. Mais, selon lui, Brigitte Bardot avait "une sémantique beaucoup plus proche du FN".
A.Clark--AT