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Fin des fêtes du jubilé d'une reine Elizabeth largement absente
Avec une immense parade dans les rues de Londres, le rideau tombe dimanche sur les fêtes célébrant les 70 ans du règne historique de la reine Elizabeth II, restée en retrait en raison de sa santé déclinante.
Buckingham Palace n'a pas précisé si la monarque de 96 ans, qui a du mal à marcher, referait une apparition à la fin de la parade, qui se terminera devant le palais par l'hymne national "God Save the Queen" (que Dieu protège la reine).
Quelque 10.000 militaires, danseurs, marionnettistes et artistes y sont attendus. Le carrosse d'or d'Etat, vieux de 260 ans, utilisé traditionnellement pour les mariages et les couronnements, ouvrira la parade. La reine ne s'y trouvera pas, mais des images digitales recréeront la magie de son couronnement en juin 1953, a précisé Buckingham Palace.
Ed Sheeran est aussi attendu en clôture, pour un hommage à la reine Elizabeth, toujours extrêmement populaire, et son époux le prince Philip, décédé l'an dernier.
Espérant que la pluie ne gâchera pas la fête, plus de 10 millions de personnes doivent aussi participer dimanche à des déjeuners du jubilé entre voisins, célébrant joyeusement le règne historique d'une reine à la fois proche et mystérieuse, symbole rassurant de stabilité dans un siècle de grands bouleversements.
Nombre des participants aux fêtes qui ont duré quatre jours, à la faveur d'un grand week-end férié, étaient conscients de la dimension historique de ce jubilé de platine. Jamais aucun monarque britannique n'a régné aussi longtemps, et il est improbable que ce record soit battu à l'avenir: le prince héritier Charles a 73 ans, son fils William, deuxième dans l'ordre de succession, bientôt 40 ans.
"C'est une occasion unique, cela n'arrivera plus jamais", expliquait à l'AFP Julie Blewitt, 56 ans, venue du nord de l'Angleterre pour les festivités. "Cela ne sera pas la même chose sans la reine".
- Radieuse mais frêle-
Elizabeth II était apparue jeudi radieuse mais frêle, s'appuyant sur une canne au balcon de Buckingham Palace avec 17 membres de la famille royale, pour saluer les dizaines de milliers de personnes massées près du palais.
Mais en raison d'un "certain inconfort", elle était absente vendredi à un office religieux en son honneur à la cathédrale Saint-Paul, avec 2.000 invités dont 50 membres de la famille royale.
Samedi, cette passionnée de courses hippiques n'a pas non plus assisté au célèbre Derby d'Epsom, où des jockeys avaient organisé une haie d'honneur qui est allée à la princesse Anne qui la représentait. La reine, qui n'avait quasiment jamais manqué ce rendez-vous en 70 ans de règne, l'a regardé à la télévision.
Le prince Charles, héritier du trône, la représente de plus en plus souvent.
La transition est en route, et même si la reine n'a aucune intention d'abdiquer, fidèle à sa promesse de 1947 de servir ses sujets toute sa vie, elle les prépare à la suite.
"Nous regardons vers l'avenir avec confiance et enthousiasme", leur avait-elle écrit au début des fêtes du jubilé. En février déjà, date à laquelle elle avait atteint officiellement 70 ans de règne, elle leur avait écrit: "Quand dans la plénitude des temps, mon fils Charles deviendra roi, je sais que vous lui donnerez ainsi qu'à sa femme Camilla, le même soutien que vous m'avez donné". Elizabeth II avait à l'époque tranché une question sensible au Royaume-Uni, le futur titre de Camilla, qui deviendra reine consort.
La succession risque cependant de ne pas être simple, Charles étant beaucoup moins populaire que sa mère, à 50% d'opinions favorables contre 75%. Seulement 32% des Britanniques pensent qu'il fera un bon roi (YouGov, avril 2022). Et la monarchie a été interpellée lors de récents voyages de membres de la famille royale, sur le passé esclavagiste de l'Empire britannique.
"Ils doivent se réinventer pour les nouvelles générations" commentait Mark Cornell, venu du nord de l'Angleterre pour le jubilé, avouant ne pas être un fan inconditionnel.
S.Jackson--AT