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Au procès contre Johnny Depp, Amber Heard dit avoir reçu "des milliers" de menaces de mort
Amber Heard a affirmé jeudi avoir reçu "des milliers" de menaces de mort depuis le début de son procès contre son ex-mari Johnny Depp, qui la poursuit en diffamation devant un tribunal américain.
"Je reçois des centaines de menaces de mort régulièrement, voire chaque jour; des milliers depuis le début de ce procès", a affirmé l'actrice de 36 ans, rappelée à la barre lors de la dernière journée d'audition des témoins.
Les avocats des deux parties doivent présenter leurs plaidoiries vendredi et les sept jurés se retireront ensuite pour délibérer. S'ils ne parviennent pas à un verdict dans la journée, ils poursuivront leurs délibérations mardi prochain.
"Je suis harcelée, humiliée, menacée tous les jours, juste parce que je suis dans cette salle d'audience", a dit Amber Heard, très émue.
"Des gens se moquent de mon témoignage sur les agressions, des gens veulent me tuer, ils me le disent tous les jours, ils veulent mettre mon bébé dans le micro-ondes et ils me le disent", a raconté l'actrice, mère d'une petite fille.
"Chaque jour, je dois revivre le traumatisme" des violences conjugales qu'elle affirme avoir subies pendant sa relation avec Johnny Depp, a-t-elle dit.
Le procès "a été la chose la plus atroce, douloureuse et humiliantes que j'aie eue à vivre", a-t-elle affirmé.
- Remous dans la salle -
Ces six semaines de débats ont révélé au grand jour les détails sordides d'une relation émaillées de disputes et, selon Amber Heard, de violences lorsque Johnny Depp était sous l'emprise d'un cocktail de drogues et d'alcool.
La comédienne, apparue dans "Justice League" et "Aquaman", fait l'objet d'une campagne de dénigrement et d'insultes sur les réseaux sociaux depuis le début de ce procès ultra-médiatisé au tribunal de Fairfax, près de Washington.
Chaque jour, des centaines de fans de Johnny Depp se massent devant l'entrée du bâtiment et dans la salle d'audience pour montrer leur soutien à la vedette de "Pirates des Caraïbes".
L'atmosphère feutrée qui règne dans cette salle depuis le 11 avril a été perturbée jeudi, après un vif échange entre Amber Heard et l'avocate de Johnny Depp, par des commentaires de membres du public rapidement réprimandés par la juge Penney Azcarate, qui a menacé de continuer le procès à huis clos.
Johnny Depp poursuit en diffamation Amber Heard, qui s'était décrite dans une tribune publiée dans le Washington Post en 2018 comme "une personnalité publique représentant les violences conjugales" subies deux ans auparavant, sans nommer son ex-mari.
L'acteur de 58 ans dément avoir jamais frappé une femme et dénonce des accusations "ahurissantes". Il réclame 50 millions de dollars en dommages-intérêts, estimant que cette tribune a ruiné sa réputation et sa carrière.
L'actrice a contre-attaqué et demande le double, affirmant que cette plainte est un prolongement d'une campagne de "harcèlement" qui a mis sa carrière entre parenthèses.
- "Raconter mon histoire" -
En 2020, Johnny Depp avait perdu un premier procès en diffamation à Londres contre le tabloïd britannique The Sun, qui l'avait qualifié de "mari violent".
Ce procès est "un écho de l'autre salle (d'audience) dans laquelle il m'a traînée", a dit Amber Heard en évoquant le procès londonien.
Elle a répété avoir subi des violences "verbales, physiques, émotionnelles et psychologiques" de la part de Johnny Depp pendant leur relation, entre 2011 et 2016.
"Je ne suis pas une sainte", a-t-elle dit à l'évocation de son premier témoignage, il y a dix jours, quand elle avait admis avoir frappé son ex-mari au moins une fois.
Elle a expliqué avoir écrit cette tribune sur les violences conjugales "pour mettre ces questions en lumière, donner une voix aux gens qui n'en ont pas".
En mai 2016, Amber Heard avait obtenu d'un tribunal une mesure d'éloignement contre son mari pour violences conjugales, après un an de mariage. Leur divorce avait été prononcé début 2017.
"J'ai le droit de raconter mon histoire, j'ai le droit de dire ce qui s'est passé" et de "raconter ma propre histoire et ma vérité", a-t-elle asséné, accusant Johnny Depp d'avoir "promis de détruire (sa) carrière" et de lui faire subir "une humiliation mondiale".
A.Ruiz--AT