-
Mondial-2026: après le déluge, la France et Mbappé au rendez-vous des 16e
-
Canicule: la chaleur gagne encore du terrain et les records tombent
-
Autonomie de la Corse: l'heure du choix pour les députés
-
Les députés hongrois votent sur des mesures anti-corruption, avec le dégel des fonds européens en vue
-
Aide à mourir: nouvel examen du texte à l'Assemblée, baroud d'honneur pour les opposants
-
Mondial-2026: France-Irak interrompu par les intempéries, les spectateurs priés de s'abriter
-
Luc Besson accusé de viol: décision mardi sur une éventuelle réouverture des investigations
-
Trump menace de prison quiconque endommagerait un bassin qu'il a fait rénover
-
La Roumanie toujours sans nouveau Premier ministre après l'échec d'Adrian Vestea
-
Mondial-2026: respect et adoration pour Messi en Argentine
-
Marchés mondiaux: les négociations USA-Iran en ligne de mire, la tech décroche à Wall Street
-
Présidentielle en Colombie: Trump "impatient de travailler avec le président élu
-
Mondial-2026: la France vise les 16e, Messi éblouit encore
-
Les Etats-Unis veulent un ordinateur quantique utilisable pour de la recherche scientifique d'ici 2028
-
Aide à mourir: nouvel examen du texte à l'Assemblée, dernier barroud d'honneur pour les opposants
-
Les hôpitaux se préparent à l'arrivée des victimes de la chaleur
-
Contre la chaleur milanaise, des jupes chez Thom Browne et du lin chez Armani
-
Mondial-2026: l'éternel Messi envoie l'Argentine en 16e
-
Ebola en RDC: plus de 1.000 cas et 254 décès, selon un dernier bilan officiel
-
Foot: Messi seul meilleur buteur en Coupe du monde avec deux nouveaux buts
-
Une journaliste TV de L'Equipe privée d'antenne après ses propos sur les pères et l'accouchement
-
A Gaza, le surf comme exutoire
-
La comète 3I/ATLAS probablement beaucoup plus âgée que le Système solaire
-
Après la démission de Starmer, des Britanniques affichent un optimisme prudent
-
Patrick Martin (Medef) craint la reconduite au moins partielle de la surtaxe d'IS en 2027
-
Canicule: Enedis accélère l'adaptation du réseau électrique à Paris
-
Foot: Messi seul meilleur buteur en Coupe du monde avec un 17e but
-
Plus de la moitié des Français en vigilance rouge, record de température pour juin
-
La Bourse de Paris en léger recul plombée par le luxe
-
Au Qatar, 13 morts dans l'explosion d'un immense complexe gazier
-
Bolivie : les pénuries s'atténuent malgré neuf barrages routiers encore actifs
-
Non-lieu confirmé dans le scandale sanitaire du chlordécone
-
Tennis: titrée à Wimbledon en 2023, Vondrousova suspendue quatre ans pour refus de test antidopage
-
Partenariat sur l'IA entre A24 et Google, qui prend une participation dans le studio
-
Dangereux pour la santé, le "stress thermique" augmente fortement à l'échelle mondiale, selon une étude
-
Fibre Excellence: la direction retire son offre pour laisser la place au nouvel investisseur
-
En ouverture du congrès de la CFDT, Marylise Léon fustige l'extrême droite
-
Le fondateur de Wikipédia s'oppose à l'utilisation de l'IA pour éditer les articles
-
Les Bourses européennes clôturent sans direction claire
-
Plan de départs volontaires au sein du groupe de presse EBRA: jusqu'à 400 postes visés
-
Thom Browne propose des shorts et des jupes aux hommes de la canicule
-
Andy Burnham, le "roi du Nord" en marche pour Downing Street
-
Mondial-2026: la France et l'Argentine visent les 16e, au lendemain du réveil espagnol
-
Le groupe de presse régionale EBRA annonce un plan de départs volontaires visant jusqu'à 400 postes
-
Washington annonce suspendre ses sanctions sur le pétrole iranien
-
Sous une chaleur étouffante, plus de la moitié des Français en vigilance rouge
-
La grande distribution se rebiffe et se pose en défenseur du pouvoir d'achat
-
Wall Street ouvre en petite hausse, surveille les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran
-
Andy Burnham aux portes de Downing Street après la démission de Keir Starmer
-
L'ancien patron emblématique de la Fed Alan Greenspan est mort
A Medellin, "paix mafieuse" et bonnes affaires pour les narcos
Sept jours sans un seul homicide: le mois d'août à Medellin a marqué un nouveau record dans l'embellie sécuritaire que connait ces dernières années la deuxième ville de Colombie. "A Medellin, la sécurité se compte en vies" épargnées, a claironné à cette occasion son maire Daniel Quintero.
Dans les quartiers gangrénés par les trafics de drogue, pour les narcos c'était aussi une bonne nouvelle.
"La tranquillité, c'est bon pour les affaires", commente Joaquin (un nom d'emprunt), sourire en coin et casquette de rappeur trop grande sur la tête.
A 37 ans, dont deux en prison, Joaquin est l'un des petits "boss" qui contrôlent et supervisent le trafic de stupéfiants dans les rues de la "Comuna 6", quartier populaire accroché à flanc de montagne dans le nord-ouest de la ville.
Le jean tombant sur le caleçon, pistolet Beretta 92 sous le sweat à capuche, ce capo aux allures d'adolescent est un membre d'un groupe obéissant au redouté cartel de "la Oficina de Envigado", les maîtres du crime organisé à Medellin, au cœur de tous les trafics illégaux et extorqueurs de la population selon les autorités.
- "Social et politique" -
Alors que le nouveau président de gauche Gustavo Petro ambitionne de négocier une "paix totale" en Colombie, y compris avec les groupes criminels, l'AFP a pu suivre quelques-uns de ces bandits contrôlant le microtrafic dans les rues de Medellin, la ville du défunt baron de la drogue Pablo Escobar.
"Escobar? Il était beaucoup trop violent. Trop de morts pour rien", commente Joaquin, le regard plongeant sur l'immense vallée urbanisée, accoudé sous l'une des lignes téléphériques qui ont tant aidé à désenclaver les quartiers pauvres.
"Nous sommes un groupe organisé qui obéit à la Oficina de Envigado. La loi nous connait, ils (police et justice) savent qui nous sommes...".
"Ici nous sommes solidaires de la communauté", affirme le trafiquant. "A la différence d'autres bandes dans la ville, nous ne demandons pas un peso aux commerçants. Pas d'extorsion, aucun enlèvement".
Joaquin décrit sa gestion du business comme "d'abord un travail social et politique", et "quelques fois seulement militaire".
"Nous sommes la justice parallèle à la justice ordinaire", clame-t-il. Comme par exemple ce jour-là de localiser un homme accusé d'avoir abusé d'une enfant, dont le portrait à barbichette circule sur les téléphones portables de la bande.
En cet fin d'après-midi, des cohortes de gamins en maillot jouent sur un terrain de foot synthétique, couvés par les mères de familles assises sur une tribune de béton.
Dans le parc voisin, des ados fumeurs de joints sont priés gentiment de se diriger vers ce que Joaquin appelle des "zones de tolérance", sous un arbre éloigné ou une dalle isolée où se regroupent, à l'abri des regards, amateurs de cannabis et autres junkies.
"Tout le monde vit tranquillement sur notre territoire", affirme-t-il encore. "Il ne faut pas effrayer les commerçants et les gens. Nous voulons avoir la population avec nous".
- Poissons dans l'eau -
Le gros business, dans ce quartier qu'"il ne faut pas nommer pour des raisons de sécurité", c'est la drogue. La bande gère le marché dans toute la "Comuna 6".
"Nous avons nos magasins où les consommateurs viennent se ravitailler". "Plusieurs dizaines" dans toute la commune, évoque Joaquin.
A deux pas du terrain de foot justement, des passages réguliers au pied d'une maisonnette anonyme signale l'une de ces "tiendas". Un sac poubelle cache une porte-fenêtre où l'on encaisse la monnaie. La drogue descend de l'étage, dans une boîte de conserve accrochée au bout d'une ficelle.
Marijuana, cocaïne, "tusibi" et autre "basuco" (le crack local)... Les trafiquants fournissent de tout. N'est-ce pas empoisonner la communauté? "Chacun est responsable de ce qu'il fait...", élude Joaquin.
"Tout est organisé, c'est comme une entreprise. Il y a ceux qui s'occupent de la vente, de la logistique, les soldats. Les patrons paient nos salaires, on fait le boulot..."
Le plus frappant est sans doute la facilité avec laquelle les mains de ce trafic se meuvent au sein de la population.
"Nous sommes nés ici, nous vivons ici". Dans ce dédale agité de ruelles en pentes et de maisonnées à briquettes accrochées en un gigantesque lego, Joaquin et ses hommes de main sont comme des poissons dans l'eau.
Ils discutent d'une boutique à l'autre, serrent des mains un peu partout, glisse l'air de rien une arme dans un sac, passe discrètement un paquet à la tenancière d'un snack...
Joaquin a donné rendez-vous à deux de ses acolytes et à l'AFP dans une maison perdue dans une venelle surveillée par des ados du voisinage.
- Aux ordres des "patrons" -
Des armes à feu sont posées entre des images saintes sur la table d'un salon crasseux. Des posters ringards de pur-sang pattes en l'air sont accrochés au mur, sous une reproduction naïve de la Cène.
"Il n'y a rien de tel que la paix", assure Javier, visage masqué et voix éraillée. "Chaque groupe gère son territoire à sa manière, tout le monde marche comme il veut. Les patrons discutent entre eux. Tout se règle calmement".
Après les années de sang et de plomb de l'époque Escobar, ravagée par la guérilla, les paramilitaires et les opérations musclées de l'armée, Medellin a commencé à faire sa mue au début des années 2000. Et les bandits aussi, qui se sont mis à s'entendre entre eux pour faire moins de bruit.
"Il y a un accord entre groupes, une paix mafieuse", confie Joaquin, pour qui "le dialogue permet de solutionner les problèmes".
"En ce moment tout est très calme, et tant mieux. Les armes longues (fusils d'assaut) sont planquées". La dernière fois qu'il a fallu les sortir pour patrouiller aux limites du quartier, c'était au début de l'été, quand le Clan del Golfo (plus puissants narcos du pays) "s'agitait" contre la police.
Il y a aussi les "Pachelly" à gérer, une bande rivale, de vulgaires "mercenaires", grimace Javier.
"C'est quand tout le monde cherche le pouvoir que les problèmes arrivent", résume Pedro, caressant son calibre 38, un joint dans l'autre main. "S'il faut faire la guerre, alors on l'a fait. Mais si on ne fait pas de bruit, tout le monde est content".
"La police, l'administration... Ce sont eux les plus pourris, ils volent tous", soutient-il. "A Medellin, il y a de la mafia et de la corruption partout", reprennent en chœur les trois hommes.
Les propositions de paix du gouvernement? "Nous sommes disposés à écouter. On fera surtout ce que les patrons décident. Et Petro peut venir ici, au final ce sont eux qui commandent".
"Nous avons fait sur notre territoire ce que ni la loi ni l'Etat n'ont jamais pu faire. Ici c'est déjà la paix totale. Qu'avons nous à gagner de celle de Petro?", s'interroge Joaquin.
"Car n'oubliez jamais une chose", conclut le caïd: "Medellin, ce sera toujours la ville des bandits".
P.A.Mendoza--AT