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Casse du Louvre: deux mises en examen attendues, bijoux toujours dans la nature
Les bijoux sont toujours introuvables, mais deux hommes soupçonnés d'avoir participé au spectaculaire casse du Louvre, qui a fait le tour du monde, devraient être mis en examen mercredi soir à Paris et écroués, a annoncé la procureure Laure Beccuau.
Ces deux trentenaires, interpellés samedi soir, ont "partiellement reconnu les faits", a indiqué la procureure de Paris. Ils sont soupçonnés d'être ceux qui ont "pénétré dans la galerie d'Apollon pour s'emparer des bijoux", a-t-elle précisé.
"Ils sont actuellement en cours de présentation devant les magistrats" en vue de "leur mise en examen pour les infractions de vol en bande organisée, faisant encourir la peine de 15 ans de réclusion criminelle", et pour "association de malfaiteurs", faisant encourir la peine de 10 ans en prison, a-t-elle précisé.
Ils seront ensuite présentés devant un juge des libertés et de la détention (JLD): leur placement en détention provisoire a été requis par le parquet, a-t-elle ajouté.
Mme Beccuau a précisé que "rien ne permet à ce stade d'affirmer que les malfaiteurs auraient bénéficié d'une complicité quelconque au sein du musée".
En revanche, "nous n'excluons pas la possibilité" d'un groupe beaucoup plus large que les quatre malfaiteurs repérés par les caméras de surveillance, a-t-elle dit.
- Bijoux "invendables" -
Les bijoux "ne sont pas encore en notre possession. Je veux garder l'espoir qu'ils seront retrouvés et pourront être rendus au musée du Louvre et plus largement à la nation", a dit Mme Beccuau.
"Ces joyaux sont dorénavant bien évidemment invendables. Pour rappel, (...) quiconque les achèterait se rendrait coupable à son tour de recel de ce crime", a-t-elle souligné, avant de lancer: "il est encore temps de les restituer".
Les deux hommes vivent à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.
L'un des deux a été interpellé samedi soir à l'aéroport de Roissy alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour l'Algérie "sans billet de retour pour la France". Agé de 34 ans, il est de nationalité algérienne et vit en France depuis 2010. Il est déjà connu des services de police et de justice pour des faits relevant essentiellement de la délinquance routière, et un fait de vol, selon la procureure.
Le deuxième, âgé de 39 ans, a été interpellé à proximité de son domicile. "Rien ne permet d'affirmer qu'il était en partance pour l'étranger", a indiqué la procureure. Il est déjà connu pour des faits de vols aggravés.
Mme Beccuau a souligné le travail "jour et nuit" de la centaine d'enquêteurs et magistrats impliqués sur ce dossier, évoquant une "mobilisation exceptionnelle de tous" pour "identifier au plus vite les malfaiteurs et tenter de retrouver les bijoux".
Plus de 150 analyses de prélèvements ont été réalisés "dans la plus grande urgence", a-t-elle dit.
Le butin de ce casse rocambolesque, qui a fait le tour de la planète, est estimé à 88 millions d'euros, avait indiqué Mme Beccuau.
Vers 09H30 le 19 octobre, les membres du commando avaient installé un camion-élévateur au pied du musée, sur le quai François-Mitterrand, et deux d'entre eux, visages masqués, s'étaient hissés avec une nacelle jusqu'à la galerie Apollon.
Après avoir brisé une fenêtre et les vitrines contenant les bijoux à l'aide de disqueuses, les voleurs étaient repartis à bord de deux scooters conduits par leurs complices.
Le cambriolage a duré en tout moins de huit minutes.
Dans leur fuite, les malfaiteurs ont laissé tomber la couronne de l'impératrice Eugénie, qui a été abîmée.
La directrice du Louvre a fait savoir "combien il serait délicat" de la restaurer, a noté Mme Beccuau.
- Sécurité en question -
L'affaire a provoqué des débats-fleuves sur la sécurité du Louvre, musée le plus visité du monde.
Elle a débouché sur un premier bras de fer. Le nouveau préfet de police de Paris, Patrice Faure, s'est dit mercredi "fermement opposé" à l'installation d'un commissariat au sein du Louvre, demandée par la présidente du musée, Laurence des Cars, après le cambriolage.
Le président de la commission de la Culture du Sénat, Laurent Lafon, a estimé mardi, à l'issue d'une visite des installations de sûreté du Louvre, que la sécurité de l'établissement n'était "pas conforme à ce qu'on peut attendre d'un musée aujourd'hui".
La ministre de la Culture, Rachida Dati, s'est dite mercredi "dans l'attente" des conclusions de l'enquête administrative sur la sécurité du musée, qui devraient être dévoilées dans la soirée.
Celles-ci permettront de "prendre toutes les mesures nécessaires, urgentes, pour remédier à cet échec sécuritaire", a-t-elle indiqué.
"Il s'agira d'identifier toutes les défaillances, mais aussi tous les manquements pour sécuriser le musée du Louvre", a-t-elle ajouté.
pgr-cco-sm-jmo/asl/vk
A.Clark--AT