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L'influenceuse Miel Abitbol exhorte Macron à ne pas mettre la santé mentale "sous le tapis"
L'influenceuse française Miel Abitbol exhorte, dans un entretien à l'AFP, Emmanuel Macron à ne pas mettre la question de la santé mentale des jeunes "sous le tapis" et à agir sur cette question "prioritaire" en dépit de l'incertitude politique.
La jeune femme de 18 ans, qui compte plus de deux millions d'abonnés sur TikTok et qui a lancé il y a un an Lyynk, une application dédiée à la santé mentale des jeunes, avait déjà interpellé en début d'année le chef de l'Etat à ce sujet.
Ce dernier lui avait répondu par réseau social interposé en assurant "essayer d'apporter des réponses avec tous nos soignants pour donner plus de moyens", avant de la recevoir début juillet à l'Elysée.
Quelques jours avant, en juin, le gouvernement avait dévoilé un plan santé mentale mais sans convaincre nombre de soignants qui ont regretté des mesures insuffisantes et un flou sur les moyens financiers.
"La santé mentale" a été décrétée par le gouvernement "grande cause nationale 2025, on est au mois de septembre et il n'y a pas grand chose qui a été fait", déplore Miel Abitbol. "Il faut qu'il y ait des choses qui soient faites aujourd'hui pour la santé mentale des jeunes, même si c'est un peu le bordel niveau gouvernement", ajoute-t-elle en référence à la période d'incertitude politique ouverte par la démission du gouvernement Bayrou.
"On ne peut pas remettre la poussière sous le tapis parce qu'on parle de vies, on parle de jeunes qui vont mal, qui se suicident pour beaucoup", insiste l'influenceuse dont l'application a été téléchargée 300.000 fois et compte 50.000 utilisateurs "quasi quotidiens".
La jeune femme, passée par une période de dépression après avoir été victime de harcèlement et de +revenge porn+ alors qu'elle avait 13-14 ans, plaide en faveur de mesures liées notamment à l'école, "gros facteur de stress pour beaucoup".
Elle estime en revanche que l'interdiction des réseaux sociaux souhaitée par le gouvernement pour les jeunes de moins de 15 ans n'est "pas la bonne chose à faire", que "modérer les réseaux sociaux et éduquer c'est mieux".
Epinglés dans un récent rapport parlementaire, les réseaux sociaux "peuvent déteriorer la santé mentale", admet-elle, et il faut s'attaquer aux "algorithmes toxiques".
Mais "pour beaucoup c'est un endroit où (les jeunes) trouvent du lien avec leurs proches avec des amis où ils apprennent des choses, où ils découvrent de nouvelles passions", ajoute-t-elle. Se dire qu'en interdisant les réseaux sociaux, "on a fait ce qu'il fallait pour la santé mentale des jeunes" c'est une erreur, estime-t-elle.
H.Romero--AT