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A Paris, le ballon du parc André-Citroën part en repos hivernal et recycle son helium
Après celui de la vasque olympique, le ballon captif posé depuis 25 ans dans le parc André Citroën à Paris a été lentement dégonflé depuis samedi, pendant trois jours et trois nuits, et l'helium recueilli va être recyclé.
"C'est la deuxième fois seulement que nous procédons à une opération de récupération d'hélium, un gaz rare et coûteux, après celui du ballon des Jeux Olympiques", explique à l'AFP François-Xavier Onfray, directeur technique d'Aerophile, société française qui fabrique des ballons livrés dans le monde entier, essentiellement dans des zones touristiques.
Dans une nouvelle livrée, la montgolfière sera regonflée au printemps pour reprendre ses envols touristiques, à 150 mètres au dessus de Paris, et jusqu'à 300 mètres en cas de beau temps.
Sa vocation scientifique sera aussi reprise et étendue. Sponsorisé par l'assureur Generali, le ballon bourré de capteurs, installé depuis 1999, sert à des chercheurs du CNRS à mesurer l'intensité de la pollution atmosphérique parisienne.
Son gaz inerte, inodore et plus léger que l'air n'avait pas été renouvelé depuis sept ans.
Le gaz a été pompé par une startup de Metz, 45-8 Energy, spécialisée dans la prospection d'hydrogène et d'helium natif, qui se diversifie dans le recyclage.
De samedi matin à lundi soir, jour et nuit, de gros tuyaux ont aspiré les 6.200 mètres cubes d'helium.
Arrivé dans un compresseur mobile installé dans un semi-remorque, le gaz a été compressé à 250 bars, puis stocké dans un autre camion. "Nous le rachetons entre 5 et 8 euros du mètre cube, c'est tout bonus pour les clients qui autrefois le laissaient filer dans l'atmosphère", dit Lola Richir, de 45-8 Energy. Il sera ensuite purifié et revendu.
L'hélium, rare et stratégique, est de plus en plus recherché dans l'industrie, des IRM à l'électronique en passant par les airbags automobiles, la détection de fuites ou le recyclage du titane pour l'industrie nucléaire. Son prix a triplé en 10 ans, souligne Mme Richir.
Or l'Europe n'en produit pas. Elle importe pratiquement 100% de ses besoins sous forme liquéfiée depuis les Etats-Unis, le Qatar, l'Algérie ou la Russie, et ne recycle pas plus de 1% de l'helium qu"elle utilise, souligne Matthieu Gobbi, l'un des deux créateurs d'Aérophile. L'objectif de l'Union européenne est de parvenir à recycler 25% de l'helium utilisé d'ici 2030.
A.O.Scott--AT