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Guatemala: le favori de la présidentielle en tête selon les premiers résultats
Le candidat surprise de l'élection présidentielle au Guatemala, Bernardo Arevalo, objet de tentatives de disqualification pendant la campagne électorale, arrive en tête des suffrages lors du second tour du scrutin dimanche, selon les premiers résultats diffusés par le Tribunal suprême électoral (TSE).
Bernardo Arevalo, qui a promis d'en finir avec la corruption dans le pays, obtient 59% des voix après le dépouillement de plus de 80% des suffrages, selon un décompte du TSE.
Sa rivale, l'ancienne Première dame Sandra Torres, obtient 35% des voix, selon ce même décompte.
Les quelque 3.500 bureaux de vote ont fermé à 18H00 locales (00H00 GMT).
Le scrutin s'est déroulé sans qu'aucun "incident significatif" ne soit signalé, a indiqué le TSE, soulignant sans plus de précision un "pourcentage historique de participation".
Les deux candidats en lice, Bernardo Arevalo, 64 ans, et Sandra Torres, 67 ans, se réclament tous deux de centre gauche. Mais si le premier cristallise les espoirs de changement dans un pays profondément inégalitaire, sa rivale est considérée comme la représentante de l'establishment.
A la tête du parti Unité nationale de l'espoir (UNE), Sandra Torres a promis des programmes d'aide sociale et diverses subventions pour les pauvres. Cependant, elle a gagné le soutien de la droite et des évangélistes et multiplié les discours conservateurs.
- Répression -
L'ancienne épouse de l'ex-président de gauche Alvaro Colom (2008-2012) bénéficie du soutien silencieux du président sortant Alejandro Giammattei, dont le mandat a été marqué par la répression contre les magistrats et les journalistes qui dénonçaient la corruption. Elle a aussi l'appui de la puissante élite économique alliée au gouvernement.
Selon le dernier sondage mercredi, Bernardo Arevalo était crédité de 50% des intentions de vote, largement devant Sandra Torres, plusieurs fois candidate malheureuse à la présidence par le passé, avec 32%.
Dans la ville indigène de San Juan Sacatepéquez, à une trentaine de kilomètres de la capitale, les électeurs ont dit leurs espoirs de changement.
"On ne peut plus vivre nulle part car il y a beaucoup de criminalité", a déploré Maria Rac, une femme au foyer de 66 ans. Efrain Boch, un camionneur de 47 ans, à dit espérer que le nouveau président "s'attaque à la corruption qui nous affecte".
"Nous sommes confiants: le gagnant sera le peuple du Guatemala", a déclaré Bernardo Arevalo après avoir voté dans un lycée de la capitale.
Sandra Torres n'a elle fait aucune déclaration après avoir introduit son bulletin dans l'urne.
Qualifié à la surprise générale lors du premier tour, Bernardo Arevalo cristallise les espoirs de changement, notamment chez les jeunes qui représentent 16% des 9,4 millions d'inscrits.
"Nous avons été les victimes, les proies, de politiciens corrompus pendant des années", a-t-il déclaré mercredi. "Voter, c'est dire clairement que c'est le peuple guatémaltèque qui dirige ce pays, et non les corrompus", a-t-il assuré.
Ce sociologue et ancien diplomate est le fils du premier président démocratiquement élu du pays, Juan José Arevalo (1945-1951).
Celle qui a focalisé sa campagne sur la lutte contre les bandes criminelles et contre la pauvreté, a multiplié les attaques contre son rival, qu'elle a qualifié d'"étranger" car né en Uruguay durant l'exil de son père.
- "Altération des données" -
Dans la dernière ligne droite de la campagne, vendredi, elle a même mis en doute la partialité du processus électoral, se disant "préoccupée par toute altération des données" de comptage des voix par les personnes habilitées du TSE.
La spectaculaire percée de Bernardo Arevalo suscite des préoccupations parmi les élites économiques et politiques du pays, qui le voient comme un danger pour leurs intérêts, et le ministère public a multiplié les procédures à son encontre.
Sur avis du parquet, un juge avait ordonné le 12 juillet la suspension de son parti Semilla pour de supposées irrégularités lors de sa création en 2017. La Cour constitutionnelle avait suspendu cette décision, annulée vendredi par la Cour suprême.
La veille, le procureur Rafael Curruchiche, sanctionné pour "corruption" par Washington, avait annoncé de possibles arrestations à venir de dirigeants de Semilla.
Communauté internationale et analystes considèrent les actions du ministère public comme une tentative d'écarter M. Arevalo de l'élection.
Trois décennies après la fin de sa brutale guerre civile, le pays le plus peuplé d'Amérique centrale est enlisé dans la pauvreté, la violence et la corruption, ce qui pousse chaque année des milliers de Guatémaltèques à émigrer.
Le nouveau président prendra ses fonctions le 14 janvier 2024.
W.Nelson--AT