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Au pied de la Tour Eiffel, un 14-Juillet presque comme un autre
Une foule insouciante de touristes et de Parisiens mêlés s'est massée vendredi soir pour admirer le feu d'artifice du 14-Juillet tiré de la Tour Eiffel, à distance des violences urbaines du début de l'été et à un an des Jeux olympiques.
Selon la mairie de Paris, comme l'an passé, la zone sécurisée du Champ-de-Mars pouvait accueillir 70.000 personnes pour assister à un grand concert classique puis au spectacle pyrotechnique qui a suivi pendant une vingtaine de minutes, peu avant minuit.
Le feu d'artifice s'est épanoui au son de musiques ultramarines cette année, contemplé par une foule dense devant la Dame de fer mais aussi de plus loin, comme au jardin des Tuileries ou depuis les ponts sur la Seine.
Quelques heures plus tôt, devant l'accès situé près de l'École militaire, des quinquagénaires venus de La Rochelle attendent accolés aux barrières: ils sont les premiers à pénétrer sur l'esplanade.
Avec ses amis et son mari Rodolphe, Florence David fait le trajet chaque été de Charente-Maritime pour un combo défilé militaire et feu d'artifice.
Les émeutes de fin juin ? "On en a parlé et on s'est dit +ça craint+, mais on avait déjà engagé les frais. Et puis, aux infos, on a vu qu'il y avait beaucoup de gendarmes et de policiers, ça nous a rassurés", résume-t-elle.
Une file de 200 m s'étire au coin de la rue, au bout de laquelle Carlos Lara, Madrilène venu pour le week-end, attend avec deux amis, "impatient" d'assister au spectacle.
"Nous étions inquiets après avoir vu les informations, mais nos amis nous ont dit que c'était calme dans le centre de Paris", relate ce consultant de 34 ans.
Même son de cloche chez les Parisiens croisés par l'AFP. "Les casseurs ne viennent pas ici. Et on sait qu'ils n'agressent pas", juge Dabi Sattouf, 28 ans, consultant en management.
- Sécurité "infernale" -
A Paris, environ 10.000 policiers et gendarmes sont sur le terrain, dans la capitale et ses départements limitrophes, pour un 14-Juillet sous surveillance renforcée.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a renouvelé le dispositif déployé lors des violences urbaines consécutives à la mort de Nahel, 17 ans, tué par le tir d'un policier lors d'un contrôle routier à Nanterre le 27 juin.
Plusieurs communes ont décidé de renoncer à leur feu d'artifice, notamment en Île-de-France et dans le Nord. Mais à Paris, la mairie a maintenu la fête autour de l'iconique monument.
La maire Anne Hidalgo a souligné auprès de l'AFP l'importance "de ces moments de rassemblement en famille ou entre amis", ajoutant qu'il en allait de "l'image de la France dans le monde à un an des Jeux".
A 17h, policiers nationaux, municipaux et employés de sécurité privée ouvrent les accès et tentent de délester les spectateurs des bouteilles d'alcool cachées dans les sacs.
David Robert, venu de Pontarlier (Doubs) avec sa femme et ses deux filles, peste après avoir patienté "une heure et demie" pour entrer. "C'est très mal organisé, il n'y a pas de signalisation", souffle ce Franc-Comtois de 54 ans venu pour la première fois.
T-shirt de l'équipe de France flanqué de deux étoiles sur le dos, Jaclyn Thompson, une Américaine de 29 ans venue de Pennsylvanie pour parfaire le français qu'elle enseigne outre-Atlantique, a "l'impression que ça va mieux" dans la capitale, touchée çà et là par les récentes émeutes.
Comme ses camarades de cours d'été, elle a alors reçu des alertes de son école privée lui enjoignant de "ne pas sortir". "Cela ressemble vraiment à +Black lives matter+, ça touche aux mêmes sujets, je vois les mêmes arguments", juge-t-elle dans un français très avancé.
A 19h, l'esplanade est pleine à craquer. Même les allées latérales poussiéreuses sont prises d'assaut.
Le "Concert de Paris", retransmis en mondovision, est lancé peu après 21h, mais Sébastien Leroy et sa famille n'y assisteront pas. "Il y a trop de monde, on ne voit pas", dit ce Lillois de 48 ans, qui avait déjà peu goûté le "périmètre de sécurité infernal" mis en place le matin même pour le défilé militaire sur les Champs-Elysées.
Un concert de fête nationale qui s'est achevé, comme il se doit, par "La Marseillaise", entonnée cette année par une soprano guyanaise, Marie-Laure Garnier.
Ch.Campbell--AT